Mot de la rédaction

Québec, ville de cinéma et ouverte à la diversité sexuelle
Il y a quelques décennies naissaient les premiers festivals de films GLBT. Tous les arts et particulièrement le cinéma ont accompagné l'évolution des droits des personnes gaies, lesbiennes, bisexuel(le)s et trans. La multiplication des plateformes de diffusion de ces films s'est avérée essentielle à la démocratisation du savoir sur les questions touchant la diversité sexuelle, d'une part, et fort profitable pour le public GLBT, qui a pu s'y reconnaître, y trouver une forme de légitimité par la culture, d'autre part.

Ce deuxième aspect n'est pas négligeable, comme l'évoque d'ailleurs le professeur et chercheur Michel Dorais dans sa dernière étude De la honte à la fierté (qui fait l'objet d'un article en page 14 de la présente édition). Les jeunes GLBT en particulier ressentent le besoin de voir sur les écrans des réalités qui correspondent aux leurs ou qui aident à combler le vide culturel caractéristique des œuvres grand public pour les GLBT. Au Québec, la diversité sexuelle apparaît davantage sur les écrans qu'auparavant, et de manières plus riches et complexes, mais les écueils que poserait un éventuel retour du cinéma québécois à une masse de films à succès, formulés pour la réussite aux guichets, sont réels puisque plusieurs le réclament.

Or la diversité sexuelle a rarement bénéficié de représentations heureuses dans le cinéma commercial, outre quelques exemples marquants qui semblent confirmer la règle. Parce qu'il repose généralement sur des clichés, des formules toutes faites et, surtout, qu'il dépend d'un cadre de pensée conventionnel, le cinéma commercial se révèle peu enclin à traiter de questions touchant les personnes GLBT, sans, du moins, recourir à des simplifications hasardeuses. C'est pourquoi le cinéma de la diversité sexuelle a été un cinéma de l'expérimentation, des œuvres en mode mineur qui accueillent avec plus d'aisance d'autres horizons narratifs, d'autres types d'enjeux, des réflexions plus complexes, etc., ce qui n'empêche pas certains cinéastes de frayer avec le cinéma narratif classique.

Vues parallèles
Les festivals de cinéma GLBT sont courus partout. Près de nous, le festival montréalais Image + Nation renouvelle chaque année sa popularité. Les habitant(e)s de la ville de Québec auront, pour leur part, le plaisir de prendre part à la troisième édition du festival Vues parallèles du 27 au 30 mars au cinéma Cartier. Rappelons que l'édition de 2013 a connu un vif succès, présentant des films variés et de haut calibre, comme Les invisibles (Sébastien Lifshitz, 2012) ou The Wise Kids (Stephen Cone, 2011).

Si la multiplication récente des festivals de cinéma dans la capitale témoigne d'un véritable engouement des Québécois(es) pour le cinéma et d'un développement certain de ce secteur dans la région, les spectateurs GLBT ne sont pas en reste. À Vues parallèles, vous pourrez voir notamment Rue Curiol, un documentaire sur des femmes transsexuelles vivant de la prostitution à Marseille (lire l'entrevue avec le réalisateur en page 10), le classique Cruising de 1980 avec Al Pacino et W imie (Aime et fais ce que tu veux), film polonais de Malgorzata Szumowska mêlant homosexualité et religion.

Par ailleurs, trois personnalités du monde du cinéma participeront aux Journées de cinéma LGBT Vues parallèles de Québec 2014. Originaire de la région de Québec, la jeune réalisatrice Chloé Robichaud a accepté l'invitation « Carte blanche » du festival. Elle a sélectionné le film à thématique lesbienne Saving Face et une discussion avec elle suivra la projection. Le second invité est le journaliste culturel Mathieu Chantelois, qui présentera une conférence sur ses films à thématique GLBT préférés. Moins connu pour l'instant, le jeune comédien Pier-Gabriel Lajoie sera présent pour la projection du film Gerontophilia de Bruce LaBruce dont il est la vedette.

Dans la présente édition du journal SORTIE, vous trouverez, entre autres, la programmation complète de Vues parallèles 2014, une entrevue avec les deux fondateurs de l'événement, une nouvelle chronique de la Chaire de recherche sur l'homophobie de l'UQÀM et un retour sur les Jeux olympiques de Sochi.

Bonne lecture!

PDF SORTIE mars 2014 (10.3 Mo)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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