Mot de la rédaction

Démystifier les drag queens
Même si presque tout le monde connaît l'extravagante Mado Lamotte, la réalité des personnificateurs féminins demeure plutôt obscure, autant pour le grand public que pour les minorités sexuelles. Aux yeux de plusieurs personnes, les drag queens ne sont que des clowns trash pour adultes, des hommes gais qui s'habillent en femmes pour faire du lip-sync en dansant sur scène. Mais qu'en est-il des réelles motivations de ces individus qui investissent temps et argent dans une vocation incomprise et sous-payée? Comment et pourquoi devient-on personnificateur féminin? Voilà quelques-unes des questions auxquelles a tenté de répondre le jeune metteur en scène Alexandre Fecteau (en couverture avec la drag queen Dory) en créant, avec son collectif théâtral Nous sommes ici, l'excellente pièce Changing Room.

Changing Room
Le docu-théâtre sur l'univers des personnificateurs féminins Changing Room a d'abord été présenté en 2009 au Drague Cabaret Club, le principal bar gai de Québec, là même où sont présentés, tous les jeudis et vendredis soirs, des spectacles mettant en vedette les drag queens qui ont été interviewées afin de créer les personnages de la pièce. Après plusieurs représentations remarquées au Théâtre Périscope en 2011, à Montréal en 2012 puis à Ottawa au début du mois d'avril 2013, la production sera de retour au Périscope, situé à l'angle de la rue Crémazie et de l'Avenue de Salaberry, du 16 au 27 avril prochains à 20h. L'équipe du journal sur la diversité sexuelle SORTIE est fière de s'associer à l'événement.

Place aux drag queens
Vous trouverez dans la présente édition divers articles sur la pièce Changing Room et sur le monde des drag queens (il existe aussi des drag kings, c'est-à-dire des femmes qui se créent un personnage d'homme pour la scène, mais le phénomène est moins répandu). Nous vous proposons, entre autres, une entrevue avec la comédienne Anne-Marie Côté, qui interprète avec brio l'intense Délice à la langue de vipère, et avec le personnificateur féminin Dory, alias Jean-François Simard, qui tient son propre rôle dans le spectacle. Par ailleurs, nous publions un bref portrait de cinq grands personnificateurs vus à travers les yeux d'un homme de Québec de même que quelques réflexions sur la diversité de genre, soit une analyse sociologique des drag queens et un texte démystifiant les réalités des travesti(e)s, des transgenres et des transsexuel(le)s.

Campagne gouvernementale contre l'homophobie
Dans un autre ordre d'idées, nous revenons sur la récente campagne gouvernementale de lutte contre l'homophobie, qui comprenait, entre autres, deux publicités télévisées très réussies qui ont (heureusement ou malheureusement) fait couler beaucoup d'encre. Si vous lisez ce journal, vous serez sans doute d'accord pour dire que le doux baiser échangé par les couples de même sexe à la fin de ces publicités n'avait rien de choquant. Or, les commentaires homophobes ont été très nombreux, particulièrement en ligne. Ces réactions renforcent la pertinence du thème québécois de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie du 17 mai 2013 : la discrimination sur Internet et les médias sociaux. Un panel sur la cyberintimidation sera d'ailleurs présenté à Québec à cette occasion. La campagne publicitaire du gouvernement a sans doute permis de sensibiliser jeunes et moins jeunes à la réalité des couples de même sexe. Par certaines réactions qu'elle a suscitées, elle nous a du même coup rappelé que plusieurs de nos concitoyen(ne)s refoulent en temps normal des préjugés profondément ancrés, qui tardent à disparaître et que l'occasion fournie par cette campagne leur a permis d'exprimer. Le combat contre la discrimination à l'encontre des minorités sexuelles n'est pas encore gagné. Soyons sur nos gardes, car l'illusion de l'égalité pourrait menacer nos acquis sociaux.

Bonne lecture!

PDF SORTIE avril 2013 (2.4 Mo)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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